Ouest-France est-il toujours aussi proche de ses lecteurs ? En tout cas, il s’éloigne de ses salariés.

➡️ PDF : Tract-CGT-2603

Ouest-France est-il toujours aussi proche de ses lecteurs ?
En tout cas, il s’éloigne de ses salariés.

Trois directeurs régionaux nommés au 1er avril 2026. Voici l’annonce de la semaine post premier tour des municipales faite aux salariés. Une énième provocation, un coup de massue pour le reste des salariés du journal, à l’heure du plan Efficience 2.
Quid des autres salariés, auxquels on rappelle en entretien annuel, ou entre deux portes, que les enveloppes promotionnelles sont vides. Un échelon qui n’arrive (plus) jamais, remplacé (parfois) par des primes distillées suivant des critères opaques. Que d’hypocrisie et de provocation pour ceux qui font « tourner » le journal avec professionnalisme et exigence. Mais en prenant aussi sur soi. Beaucoup. Trop…

Un mauvais signal

Les trois Directeurs Régionaux n’ont pas eu besoin d’attendre, eux. Leur nomination est annoncée 15 jours avant leur mise en place.

Des chantiers s’annoncent, encore et toujours et ils passeraient par cette « nouveauté » pour d’abord « soulager la charge qui pèse sur les épaules des DD (directeurs départementaux), victimes de souffrance au travail » commente François Xavier-Lefranc. Quelle réponse reçoivent ces autres qui disent, crient, hurlent… leur surcharge mentale…. Sans que rien ne se passe. « Ce n’est pas le travail », « Il ou elle est fragile », osent encore aujourd’hui justifier des responsables dans les services en dépit de l’obligation faite à l’entreprise de prendre soin de la santé des salariés. Tant de « bons petits soldats » tombent d’usure les uns après les autres.

Une parodie, un simulacre de bonnes intentions

Ouest-France est-il toujours au rendez-vous ? Remplissons-nous encore notre mission d’informer, d’éclairer le citoyen ? Un journal populaire qui au fur et à mesure de ses augmentations tarifaires, des limitations de son nombre d’éditions et de paginations, a perdu du terrain et des lecteurs.

Si le retour de directeurs régionaux s’opérait réellement dans l’intention de redonner du temps à l’investigation de terrain et de proximité, il n’y aurait rien à redire. Or, la dichotomie entre le discours du président, en ce sens, et celui du directeur, obsèdé par la diminution de la masse salariale, ne peut convaincre. Alors qu’il serait question d’interroger, par exemple, la pérennité des locales isolées le week-end. Notre mission, si claire, aurait-elle fini par s’amenuir ? Le sens est perdu pour beaucoup, le journal n’est pas loin d’en ressentir les symptômes d’asphyxie d’un univers d’entre soi qui ne reflète plus celui de ceux qui vivent autour de nous. Oui, autour de nous et plus avec nous, au détour d’un comptoir de troquet, en voisin de quartier, de palier….

Alors, au final ne serait-ce pas un leurre ? Celui d’une décentralisation éphémère pour mieux préparer une recentralisation massive et drastique ?

Les équipes, lucides elles, ne sont plus écoutées, la réflexion n’est plus partagée. Le temps est à l’optimisation et à l’exécution des missions décidées par « ceux qui savent », mais qui ont fini par s’éloigner de la vraie vie.

Les écarts s’accumulent et se sont creusés, année après année, que ce soit en termes de rémunérations mais aussi de perte de confiance, de sens. Et le collectif, avec des valeurs humanistes et œuvrant pour un bien commun, se disloque.

La colère est froide, la colère gronde.

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