Quand Roselyne Bachelot parle, Louis Échelard mange…

 

Louis Échelard, qui a mangé à la table de la Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, lors du dîner des professionnels de la presse de l’Humanité, a-t-il vraiment écouté le discours qu’elle a prononcé devant l’ensemble des éditeurs de la PQR
présents ? Si oui, comment peut-il alors annoncé en CSE que le plan filière resterait une opportunité pour faire évoluer les outils industriels de Ouest-France tout en apportant un socle social intéressant pour les salariés après les annonces de la Ministre ?

Le plan filière, pour ce qui concerne son volet industriel, le fameux plan de massification des imprimeries, prévoit la fermeture de 10 sites d’impression, l’arrêt de 28 rotatives,
et le départ possible en PSE de 1 553 salariés (59% des effectifs !). Mais ce plan filière était prévu
à l’origine pour s’appliquer sur une durée de cinq ans avec près d’un milliard de budget.

Alors que la Ministre de la Culture affirme qu’après arbitrage du Président de la République ce plan de filière se transforme en plan de relance post Covid sur deux ans, donc avec un budget amputé des deux tiers, comment Louis Échelard peut-il annoncer devant les institutions représentatives de l’entreprise qu’à Ouest-France, une centaine de salariés sur 257 pourraient adhérer au plan de filière sans drame social.
Surtout qu’il reconnait lui-même par ailleurs que les aides de l’État ne sont pas à la hauteur
des espérances des éditeurs…
Où Ouest-France va-t-il aller chercher l’argent pour d’un côté moderniser son outil industriel
et de l’autre vider les ateliers avec des conditions de départs qu’il juge « respectables » ?
Le groupe Ouest-France serait-il si riche qu’il puisse se permettre, seul, d’appliquer de telles mesures ?
Qu’il se mette en œuvre sur cinq ou deux ans, ce plan, quel que soit son nom, devra faire l’objet d’une signature tripartite entre l’État, l’Alliance et les organisations syndicales.
La Filpac-Cgt, forte de ses 54% de représentativité, aura donc largement son mot à dire dans les discussions qui vont s’engager avant la signature éventuelle d’un accord.

La Filpac-Cgt ne signera jamais un accord qui pourrait être défavorable aux salariés, ni pour ceux qui seraient volontaires pour avancer leur départ de l’entreprise, ni pour ceux qui resteront pour réaliser le journal. Et avant de s’engager dans une négociation d’une telle importance,
elle prendra l’avis de ses adhérents et des salariés de toutes les entreprises qui la solliciteront. C’est pour cette raison qu’elle organise, depuis le début du mois de septembre,
un Filpac Tour des titres de presse régionale.

Ouestmédia-com ne manquera pas de continuer à vous informer sur la tenue de ces assemblées générales et des positions défendues par ceux qui y participent. Il vous tiendra également informés des avancées sur la négociation qui s’annonce sur le plan de filière en lui-même.

Rennes, le 21 septembre 2020