Ouest-France en deuil

Au revoir monsieur Hutin

Nous avons lu vos dernières lignes ce mardi matin de décembre, M. Hutin. Silencieux, nous nous sommes laissés porter par votre sagesse et votre sérénité. Comme vous le dites à travers vos remerciements aux partenaires sociaux, « le dialogue fut parfois tendu ». C’est vrai que nous n’étions pas du « même bord » dans cette grande entreprise, comme on dit chez nous à la CGT, et que votre parcours et le nôtre ont, parfois à certains moments, souvent à d’autres, été confrontés à des discussions vives, voire même plus musclées.

Vous le reconnaissiez, sans jamais tomber dans un jugement arbitraire ou autoritaire. Vous le reconnaissiez à travers nos échanges que vous jugiez « loyaux » comme vous nous l’aviez dit lors du départ en retraite de notre camarade Jacques Leblanc. Nous avions répondu à l’époque que cette loyauté était réciproque de la part des élus de la CGT Ouest-France, et qu’elle était nécessaire pour faire avancer le navire, « aussi précieux que la prunelle de mes yeux », comme vous l’avez écrit.

Une loyauté qui, outre les valeurs humanistes et de justice que vous portiez à bout de bras, était peut-être aussi un signe de reconnaissance envers la CGT à laquelle vous aviez adhéré lorsque vous étiez dans la marine marchande.

Ce journal était le vôtre. Mais c’est aussi le nôtre et vous l’avez toujours su et défendu. Les valeurs que vous défendiez, la démocratie, la liberté, le respect de chacun, la justice, le dialogue social, sont également nos valeurs M. Hutin. Et nous continuerons de les défendre.

Nous continuerons le combat que nous avons toujours mené. Jusqu’au bout. Pour que ces valeurs perdurent malgré votre absence. En direction des générations futures vers lesquelles vous avez toujours eu un grand espoir.

Nous ne manquerons jamais de rappeler cette phrase qui vous était chère : « Une recherche menée avec vous qui souvent me faisiez connaître vos opinions parfois contraires aux miennes. C’est là que réside la richesse du dialogue indispensable dans toute société et absolument nécessaire à la démocratie qui nous est chère et si précieuse qu’il faut en prendre soin… »

Soyez en paix M. Hutin. Avec tout notre respect.

Les élus CGT d’Ouest-France