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Le CSE en 2019 !

Le CSE à Ouest-France fin 2019

Il y a quelques mois, nous étions dans la rue pour lutter contre la loi Macron. Une des ordonnances de cette loi réforme la représentativité syndicale et précise l’arrivée du Conseil social économique (CSE) dans les entreprises.

Ce qu’il faut retenir du passé.

En 1982, à la suite de l’élection de François Mitterrand, les lois Auroux  permettaient d’améliorer les relations sociales dans les entreprises. L’instance Conditions d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) voyait le jour. En effet auparavant c’était les élus des CE qui s’occupaient du CHS. Afin d’avoir des élus dédiés aux spécificités économique, sociale, d’hygiène, des conditions de travail,  il était temps d’avoir deux entités distinctes : CE d’un côté et CHSCT de l’autre.

E. Macron et E. Philippe, à coups d’ordonnances, ont balayé en quelques semaines ces avancées ! Demain, le CSE va remplacer trois instances, ce qui veut dire que les élus du CSE devront intervenir dans tous les domaines qui sont aujourd’hui traités par les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) et les conditions d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Bien entendu, sous la pression des syndicats des patrons, l’État a cédé. Cette loi vise entre autres à diminuer le nombre de représentants des salariés dans les entreprises. Ouest-France ne devrait pas y échapper, malheureusement.

Les élections professionnelles se dérouleront à Ouest-France fin 2019. Pour se préparer à ces bouleversements, les élus seront en formation au mois de septembre afin d’anticiper la négociation du protocole d’accord pré-électoral.

Pour comprendre les modifications, ci-dessous retrouvez la lettre Partenaire du CMB qui synthétise le CSE

Encore un effort, Monsieur Ouest-France

Avec un « comité de direction opérationnelle » composé de 17 hommes pour une femme, nous, journalistes femmes d’Ouest-France, pouvons aisément interpeller nos employeurs au masculin.

Nous soutenons nos consœurs du Parisien, de l’Obs et de La Provence qui dénoncent la confiscation des postes d’encadrement par les hommes. Dans le premier quotidien de France, la situation n’est pas beaucoup plus brillante: les responsabilités les plus importantes et les plus gros salaires du journal vont exclusivement ou presque aux hommes.

Sur quinze membres de la rédaction en chef, deux femmes. Sur douze directeurs départementaux, idem : deux femmes. Pour neuf pilotes de pôles et chefs de service des services généraux, une seule femme. Et si l’on regarde de plus près les échelons : en 2016, trois femmes contre 24 hommes à 200 et plus ; trois femmes contre dix-huit hommes à 170 ; trois femmes contre douze hommes à 180 ; et quinze hommes à 190 pour… aucune femme !

La loi sur l’égalité des salaires en France date déjà de 1972. Et vous avez signé un accord sur l’égalité professionnelle en 2011, renouvelé en 2015, valable trois ans… Il est tombé aux oubliettes ?

A Ouest-France comme dans de nombreux journaux, des femmes souhaiteraient accéder à ces postes à responsabilités qu’elles ne le pourraient pas, faute d’ouverture à candidature de façon publique et transparente. On rêve que les jeunes embauchées – à parité depuis peu – ne se cognent pas aussi vite que leurs aînées au plafond de verre depuis trop longtemps – toujours ? – mis en place.

Comme le rappellent nos consœurs de La Provence, le monde est en train de changer. Les femmes du XXIe siècle sont ingénieures, agricultrices, électriciennes, astronautes, sportives de haut niveau… mais elles ne sauraient pas participer à la direction de journaux ?

Alors faites un effort, monsieur Ouest-France !

Le 23 janvier 2018

Intersyndicale

Salaires : la direction fait un tout petit pas

Après deux non parutions et face à la menace d’une troisième, la direction a mis un tout petit peu d’eau dans son vin.

Après quatre suspensions de séance, la réunion de négociation qui s’est tenue mercredi, dans un climat tendu, a débouché sur une augmentation dès janvier 2018 des salaires les plus bas : 0,9% en dessous de 1,6 smic (2368 euros brut maxi/mois) et 0,5 % entre 1,6 et 2,5 smic (3700 euros brut maxi/mois). Pour les autres salariés, l’intersyndicale compte bien remettre la question des salaires sur le tapis dès le début de l’année à venir.

Par ailleurs, les quatre syndicats de l’entreprise ont unanimement rejeté la proposition de la direction de « nouvelle politique salariale » consistant à conditionner, à l’avenir, les négociations à un certain niveau de résultat d’exploitation (recettes d’exploitation moins charges d’exploitation). Les syndicats continueront de défendre le principe d’une indexation, au minimum, sur l’inflation, pour que chacun puisse maintenir son pouvoir d’achat.

La direction a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne démordrait pas de sa position, remettant en question l’indice INSEE. Elle entend donc, imposer la poursuite de la réduction de nos rémunérations année après année.

Face à cette nouvelle approche, l’intersyndicale s’inquiète de cette rigidité qui ne peut que nuire au climat social.

On ne peut pas demander aux salariés de travailler de plus en plus en constatant l’érosion de leur salaire face au coût de la vie.

L’intersyndicale vous donne rendez-vous en janvier, dès l’ouverture de la négociation annuelle obligatoire, pour exiger de nouvelles revalorisations salariales.

Ouest-France en deuil

Au revoir monsieur Hutin

Nous avons lu vos dernières lignes ce mardi matin de décembre, M. Hutin. Silencieux, nous nous sommes laissés porter par votre sagesse et votre sérénité. Comme vous le dites à travers vos remerciements aux partenaires sociaux, « le dialogue fut parfois tendu ». C’est vrai que nous n’étions pas du « même bord » dans cette grande entreprise, comme on dit chez nous à la CGT, et que votre parcours et le nôtre ont, parfois à certains moments, souvent à d’autres, été confrontés à des discussions vives, voire même plus musclées.

Vous le reconnaissiez, sans jamais tomber dans un jugement arbitraire ou autoritaire. Vous le reconnaissiez à travers nos échanges que vous jugiez « loyaux » comme vous nous l’aviez dit lors du départ en retraite de notre camarade Jacques Leblanc. Nous avions répondu à l’époque que cette loyauté était réciproque de la part des élus de la CGT Ouest-France, et qu’elle était nécessaire pour faire avancer le navire, « aussi précieux que la prunelle de mes yeux », comme vous l’avez écrit.

Une loyauté qui, outre les valeurs humanistes et de justice que vous portiez à bout de bras, était peut-être aussi un signe de reconnaissance envers la CGT à laquelle vous aviez adhéré lorsque vous étiez dans la marine marchande.

Ce journal était le vôtre. Mais c’est aussi le nôtre et vous l’avez toujours su et défendu. Les valeurs que vous défendiez, la démocratie, la liberté, le respect de chacun, la justice, le dialogue social, sont également nos valeurs M. Hutin. Et nous continuerons de les défendre.

Nous continuerons le combat que nous avons toujours mené. Jusqu’au bout. Pour que ces valeurs perdurent malgré votre absence. En direction des générations futures vers lesquelles vous avez toujours eu un grand espoir.

Nous ne manquerons jamais de rappeler cette phrase qui vous était chère : « Une recherche menée avec vous qui souvent me faisiez connaître vos opinions parfois contraires aux miennes. C’est là que réside la richesse du dialogue indispensable dans toute société et absolument nécessaire à la démocratie qui nous est chère et si précieuse qu’il faut en prendre soin… »

Soyez en paix M. Hutin. Avec tout notre respect.

Les élus CGT d’Ouest-France